A cette époque-là, le 4x4 ne concernait qu'une poignée d'initiés saisis par le démon de l'aventure. Malins, les Japonais avaient compris depuis longtemps l'intérêt suscité par ces étranges machines au look patibulaire. Tel Astérix, le Frontera résista plutôt bien à la vague nipponne. Et puis, on ne sait trop pour quelle raison, Opel déposa les armes. Après l'arrêt du coupé Calibra, plus de 4x4 ! Ce n'était heureusement qu'un au revoir. Il est vrai que, depuis dix ans, les mentalités ont évolué. La limitation de vitesse et la civilisation de loisirs sont passées par là et ont incité Opel à revenir à ses premières amours.
Un 4x4 « soft ».
L'Antara débarque avec sa transmission intégrale permanente automatique et son ESP de série pour ressusciter le mythe. Frontera, Antara, même combat ? Pas vraiment. Car de nos jours, ce sont les 4x4 « soft », substituts des berlines, qui ont la cote. Et non plus les bons vieux engins mixtes. Certains estiment déjà qu'Opel se réveille trop tard. Ce à quoi Opel répond qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. Peugeot et Citroën souscrivent à cette idée. La preuve en est fournie avec le 4007 et le C-Crosser. Quant à Renault, il rejoindra la bande l'an prochain avec le Koleos.
Limiter les coûts.
A l'instar de PSA et de Renault, qui ont conclu des alliances avec Mitsubishi, Nissan et Samsung, Opel s'est tourné vers Chevrolet afin de limiter les coûts. Fabriqué en Corée (ex-Daewoo), le Chevrolet Captiva et son alter ego l'Opel Antara vont donc en découdre sur le terrain commercial. Technologiquement, Captiva et Antara, c'est bien sûr blanc bonnet et bonnet blanc. En revanche, physiquement, le lien de parenté est loin d'être évident. L'Antara affiche ostensiblement ses origines Opel par le truchement d'une chute de pavillon façon coupé à l'arrière et de certains éléments de style, jonc de calandre chromé, nervure centrale sur le capot à l'avant. Intra-muros, il se montre sous son meilleur jour. Le dessin de la planche de bord, la console centrale, les garnissages sont en effet assez cossus. Légèrement plus court qu'une Vectra, l'Antara fait davantage dans le sérieux que dans l'originalité. A l'instar de ses semblables, il n'est pas taillé pour les missions kamikazes, même s'il bénéficie du contrôle d'adhérence en descente. Clairement orienté route, il privilégie le confort, ce que confirme sa suspension avant et arrière à roues indépendantes.
Le diesel, signé VM, ne sert hélas pas vraiment sa cause. Il s'accommode mal de rapports de boîte trop longs et d'un poids élevé. D'où des relances un brin laborieuses. Sur ce plan, les Japonais, les Coréens, Peugeot et Citroën font mieux en termes d'agrément de conduite. Question de feeling, sans doute.
Jacques Fréné
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En bref
Caractéristiques. Longueur, largeur, hauteur, empattement : 4.575 m, 1.850 m, 1.704 m, 2.707 m; poids : 1 805 à 1967 kg, nombre de places : 5, volume du coffre : 370 à 1 420 l, contenance réservoir : 65 l, boîte de vitesses : manuelle 5 ou automatique 5; motorisations, performances, consommation moyenne : 2.4 l, 140 ch (10), à 5 200 t.m., couple : 220 Nmp à 2 400 t.m., 175 km/h, 9.6 l; 3.2 l V6, 227 ch (16) à 6 600 t.m., couple : 297 Nm à 3 200 t.m., 203km/h, 11.6 l; 2 l CDTI, 150 ch (9.10 avec b.a) à 4 000 t.m., couple : 320 Nm à 2 000 t.m., 180 km/h, 7.5 l.
Pour. Espace, modularité, présentation intérieure soignée, coffre, filtre à particules de série sur diesel.
Contre. Etagement de boîte, pas de sixième rapport, insonorisation, sièges durs, style conventionnel.
Prix. 2.4 l, 140 cv Edition : 27 940 €; 3.2 l V6, 227 ch Cosmo pack : 38 890 €; 2 l CDTI, 150 ch Edition : 31 990 €, Cosmo : 34 040 € (35 140 € avec b.a.), Cosmo pack : 35 790 € (36 890 €avec b.a.).
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